Gérard Berréby


Les Tables du temps. / Le paysage et le territoire. Le laboratoire urbain.

Du 2 juin au 11 septembre 2017
Galerie 35 / Centrum současného umění DOX
Galerie 35 : 2.6. - 1.7. DOX: 2.6. - 11.9.

Le Centre pour l’art contemporain et l’Institut français proposent deux expositions de l’artiste français Gérard Berréby.
Au DOX, sont présentés du 2. 6. au 11. 9. des installations Les Tables du temps et à la Galerie 35, du 2.6. au 1. 7., une installation de photos et de vidéos Le paysage et le territoire. Le laboratoire urbain. qui nous entraîne dans des paysages urbains surréels.

Né en 1950, Gérard Berréby vit à Paris. En 1982, il fonde les éditions Allia dont le catalogue compte à ce jour plus de 750 ouvrages. Il est l’auteur de Stations des profondeurs (2010) et Joker et mat (2016), deux recueils de poésie. En 2011, il devient rédacteur en chef de la revue Feuilleton. Au Théâtre de Gennevilliers en 2012, sa vidéo La Colle ne fait pas le collage est présentée sous la forme d’une performance. En 2015, il expose Les Tables du temps, au Centre international de la Poésie, à Marseille.

"En délaissant le champ des tautologies critiques, les compositions de Gérard Berréby s’érigent au niveau d’une réflexion (mot qu’il convient ici de prendre à la lettre) ontologique sur le régime de représentation qui, depuis le début de la modernité, régit les relations entre la réalité et son aperception. (…)
L’agencement des Tables est conçu pour dynamiter la relation classique entre la forme et le contenu, dont l’œuvre finit par se voir heureusement dépourvue, échappant ainsi à la pandémie d’auto-complaisance critique qui a investi l’art depuis le milieu du siècle dernier. Les tableaux sont construits comme des machines symboliques individuelles soumises néanmoins, même dans la préservation de leur propre autonomie, à l’affirmation d’une vérité commune. Ce qu’ils expriment, chacun à leur manière, c’est justement qu’il n’y a rien à exprimer." Francesco Masci

"M’aventurant dans les arcanes invisibles du temps, à l’époque des hommes doubles, je me suis demandé ce qu’il reste à voir lorsqu’un miroir s’observe dans une glace et que l’on n’a plus besoin de se réfléchir pour parler tout seul. Quand l’absence de chair renvoie à l’image lubrifiante d’une production pornographique de la réalité diminuée et que la peur devient virale, il s’agit de se réapproprier la vie morcelée, la mort et le reste, d’en désosser le motif. Il m’a fallu, pour réconcilier ce qui est séparé, m’emparer de ce qui effraie, abandonner mes certitudes et, inévitablement, me confronter à des fragments de la réalité situés dans la survivance des temps. À l’écart, la question n’était pas de reproduire le réel mais de le réinterpréter pour le dépasser. Avec la singularité de l’ironie, j’ai taquiné jusque dans leurs fondements, dans la déréalisation, en plein soleil, la rugosité et la sensualité des corps. Détruire et sauver de la destruction. La Bête est là, au bout de la ruse. Une promesse comme une menace. Pour la décrypter il faut se munir d’un livre écrit en braille. La combinaison d’objets réalistes, sortis de l’imaginaire de mon quotidien, atteint ici une dimension quasi mnémonique. Elle agit comme une réponse aux fantômes d’outre-monde. Je m’engouffre pour mieux évoluer en contrebande. Ni vu ni connu. Se met alors à jour une cohérence loin d’être programmée. Il faut prendre des risques pour être fidèle. L’homme de l’avenir est celui qui aura la mémoire longue. Assurément, nommer c’est déjà créer." Gérard Berréby

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